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Après trois épisodes historiques de canicule depuis mai, on commence à peine à faire les comptes des conséquences sanitaires de ces périodes de chaleurs extrêmes et prolongées pour nos organismes. Dès le mois de juin, Santé publique France alertait sur une augmentation du recours aux soins d’urgence et une hausse importante de la mortalité – jusqu’à +30% la semaine du 22 juin où les températures étaient les plus chaudes.
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Le reste du monde vivant, lui aussi, est en souffrance. En juin, le centre‐ouest de la France a subi une « sécheresse éclair », l’effet combiné de la chaleur avec une faible humidité et des vents importants qui a cramé les champs et fait perdre leur feuillage aux arbres. Dans le même temps, les épisodes caniculaires augmentent le risque d'incendie. Depuis le début de l’été, ce sont déjà 17 000 hectares de forêt qui ont brûlé, deux fois plus qu’à la même époque en 2025.
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Pour les animaux, tous les indicateurs montrent une mortalité accrue. Dans les élevages, il est fait état de pics de mortalité à +1200% pour les volailles, +40% pour les bovins et +55% pour les porcins. S'il est plus difficile de faire un bilan pour les espèces non‐domestiquées, la Ligue pour la protection des oiseaux s’inquiétait fin juin face à un afflux exceptionnel d’oiseaux et de petits animaux dans leurs centres de soins.
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La chaleur perturbe le cycle de l’eau en accélérant l’évaporation de l’eau et en asséchant les sols, ce qui soumet les végétaux à des stress hydriques prolongés. Pour survivre, les plantes bloquent leur croissance pour préserver leur eau et leur oxygène, entraînant la perte d’une génération de plantes annuelles, pourtant essentielles à la pollinisation. Dans les 10 dernières années, la mortalité des arbres a augmenté de 80%.
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La climatisation dont on a tant discuté sur les plateaux télévisés n’est pas une option pour les animaux et les végétaux. Pour survivre à leur extinction, les écosystèmes peuvent seulement migrer vers des conditions plus clémentes. Les espèces les moins mobiles, elles, sont vouées à disparaître – le réchauffement climatique est déjà responsable de 14% des extinctions des espèces.
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Cet effondrement de la biodiversité visibilise notre propre dépendance au reste du monde vivant, sans lequel il nous serait impossible d’adapter les structures humaines, desquelles notre système agricole se trouve au premier rang. Pourtant, les mesures proposées par les pouvoirs publics se concentrent sur les impacts économiques et humains d’un monde réchauffé, et ainsi maintiennent une frontière artificielle avec la nature, en prétendant que nous pourrions survivre sans elle.
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